Plier (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Crier ). IX e siècle, pleier , « contraindre quelqu'un à quelque chose » ; XI e siècle, au sens de « rabattre une chose souple sur elle-même ». Issu du latin plicare, « , replier, enrouler », lui-même dérivé de plectere, « courber, tourner, tordre ».

I. V. tr.
1. Rabattre une pièce d'étoffe, une feuille de papier, etc., dans sa totalité ou seulement en partie, une ou plusieurs fois. Plier sa serviette. Plier une feuille en in-octavo, en in-douze. Par ext. Rabattre les unes sur les autres les différentes parties d'un objet. Plier un paravent. Plier une tente. Pron. à sens passif. Un siège, une table qui se plie aisément. Expr. Plier bagage, en parlant d'une armée, d'une troupe, se préparer à lever le camp ; fig., en parlant d'une personne, partir et, pop., mourir. Plier boutique, ramasser ses marchandises et, fig., partir. Fig. et fam. L'affaire est pliée, c'est plié, l'affaire est réglée.
2. Courber, fléchir. Plier une branche de saule. Plier une tige pour faire une marcotte. En parlant de parties du corps. Plier les genoux. Garder les jambes pliées. Plier l'encolure d'un cheval ou, ellipt., un cheval, assouplir son encolure pour lui donner de la facilité dans les épaules. Pron. L'endroit où le bras se plie. Par exag. Se en deux sous l'effet de la douleur. Expr. fig. Plier le dos, l'échine, accepter sans protestation ce qui est dit, ce qui est imposé ; adopter une attitude résignée (on dit plutôt Courber ). Fam. Être plié en deux, être plié de rire , rire à gorge déployée. Fig. Assujettir, soumettre. Il a plié ses adversaires à sa volonté. Plier son esprit aux désirs d'autrui. Pron. Se aux caprices de quelqu'un. Se aux circonstances.

II. V. intr.
1. Fléchir, se courber. Le roseau plie. La branche pliait sous lui, sous son poids. Faire un arc. Plier sous un lourd fardeau. Expr. fig. Plier sous le poids des ans, des affaires, en être accablé. C'est un roseau qui plie à tout vent, se dit d'une personne qui cède à toutes les influences. Il vaut mieux que rompre, par allusion à la fable de La Fontaine « Le Chêne et le Roseau », une habile concession est parfois préférable à une vaine résistance.
2. Céder, se soumettre. Plier sous l'autorité de quelqu'un. Plier sous les lois de la nécessité. Rien ne le fera . Spécialt. Dans un combat, reculer devant l'ennemi. Faire les lignes ennemies .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Mettre en double une ou plusieurs fois, en parlant du Linge, des étoffes, du papier, etc. "Plier du linge. Plier des vêtements, des draps de lit, des serviettes. Plier des feuilles imprimées. Plier en quatre, en huit, en seize, etc."
"Plier bagage" se dit d'une Armée qui décampe, qui se retire devant une autre. "L'armée a plié bagage. Les ennemis, sachant qu'on marchait à eux, songèrent à bagage."
Fig. et fam., "Plier bagage," S'en aller. Il s'emploie aussi très familièrement dans le sens de Mourir.
PLIER signifie aussi Rabattre l'une sur l'autre les parties d'un objet. "Plier un paravent. Plier une tente."
Il signifie encore Courber, fléchir. "Plier de l'osier. Plier la branche d'un arbre. Plier les genoux. Plier le bras. L'endroit où le bras, où la jambe se plie. Se en deux." Fig., "Dans cette circonstance, il n'y a qu'à les épaules et à prendre patience."
Fig., "Plier les genoux devant le veau d'or," Faire servilement la cour à un homme riche, à une personne puissante; faire des bassesses pour acquérir des honneurs, de la fortune.
PLIER s'emploie figurément et signifie Assujettir, soumettre, faire céder, accoutumer. "Il" "faudra ce jeune homme à la règle. Plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs d'autrui. Se à la volonté, à l'humeur, aux caprices de quelqu'un. Se aux circonstances. Je ne saurais me à cela."
En termes de Manège, "Plier un cheval," Lui amener la tête en dedans ou en dehors, afin de lui rendre l'encolure souple et de lui donner de la facilité dans les épaules.
PLIER est aussi Intransitif et signifie Devenir courbé. "Un roseau, un bâton, une baguette qui plie. La planche pliait sous lui. Le plancher pliait sous le faix. Cet arbre plie sous le poids de ses fruits. Faire un arc."
Fig., "Plier sous le poids des affaires, sous le poids des années," Être surchargé d'affaires, être accablé par l'âge.
"Plié en deux" se dit, par exagération, d'un Homme que l'âge ou la maladie empêche de se tenir droit.
Fig., "C'est un roseau qui plie à tout vent" se dit d'une Personne qui n'a point de fermeté, qui cède à toutes les impulsions qu'on veut lui donner.
Fig., "Il vaut mieux que rompre," Il vaut mieux céder que de se perdre en résistant; il est souvent plus avantageux de céder que de résister trop opiniâtrement.
PLIER s'emploie aussi intransitivement au figuré, et signifie Céder, se soumettre. "Plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un. Plier sous les lois de la nécessité. Il fait tout sous sa volonté. Il ne a pas. Vous ne le ferez pas ."
Il signifie encore figurément Reculer, et, en ce sens, il se dit proprement des Troupes qui reculent dans un combat. "Ce corps d'armée plia sous le nombre. L'aile droite fut la première à ."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Mettre en un ou plusieurs doubles et avec un certain soin du linge, des étoffes, du papier. Plier des serviettes, des hardes, une lettre.
HAUTEROCHE: « J'ouvrirai la valise, et vous, sans le , Tout du long au-dessus vous mettrez le papier »
    Plier les étoffes, faire un pli au milieu dans toute leur longueur, et en faire ensuite plusieurs dans la largeur également distants les uns des autres, qu'on range alternativement en dedans et en dehors.
FÉN.: « Les femmes ne cessent jamais, ou de filer les laines, ou de faire des dessins de broderie, ou de les riches étoffes »
    Il se dit aussi pour remettre une étoffe en ses premiers plis.
    Plier sur la main, faire tenir les mains en l'air et un peu éloignées l'une de l'autre, et faire passer tout autour du fil, de la soie, du galon. Plier un écheveau.
    Plier des soies, mettre les écheveaux de soie, au sortir de la teinture, en deux ou en trois suivant la longueur qu'on veut donner aux bottes.
    Plier un éventail, le monter et y mettre le bois.

 2   Serrer, fermer ce qui était étendu, déployé.
MOL.: « La Nuit, qu'il me faut avertir, N'a plus qu'à tous ses voiles »
    Plier bagage, serrer les tentes, les bagages, et, par suite, décamper, se retirer, en parlant d'un corps de troupes.
    Fig. Plier bagage, s'en aller, fuir à la hâte, furtivement.
CORN.: « Tout est perdu, Cliton, il faut bagage »
    Populairement. Plier bagage, mourir.
    On dit aussi : son paquet, mourir.
    Plier la toilette, faire un paquet de la toilette, et, par suite, voler, emporter toutes les hardes d'une personne.
TALLEMANT DES RÉAUX: « Il y avait chez elle la plus grande liberté du monde... il y en a même qui lui ont volé tantôt sa bourse, tantôt sa pelotte d'argent... et jamais il n'y eut demoiselle du Marais à qui on ait si souvent plié la toilette »
    On a dit aussi : la serviette.
     le Voyage de Mercure, p. 92, dans FR. MICHEL, Argot: Il la défend [une fille] dans ce métier Du commissaire du quartier, Et qu'un filou ne la maltraite, Ou n'aille sa serviette
    Plier toilette, s'est dit aussi dans le sens de bagage.
SCARR.: « Didon... Que la tyrannie et la haine De son frère Pygmalion... Contraignit de toilette, Et de déloger sans trompette »
J. B. ROUSS.: « Tous les dieux, de Paphos délogeant sans trompette, S'en vinrent habiter ces lieux ; Et même les Amours plièrent la toilette Avec ce que leur mère eut de plus précieux »

 3   Fléchir, courber. Plier les genoux. Plier le bras.
MOL.: « Je pousse mon cheval et par haut et par bas, Qui pliait des gaulis aussi gros que le bras »
    Fig. Il faut les épaules, il faut se soumettre.
    Fig. Plier les genoux devant le veau d'or, voy. VEAU.
    Terme de manége. Plier un cheval, le cou d'un cheval, lui amener la tête en dedans ou en dehors, afin de lui rendre l'encolure souple.
    Plier les jarrets, manier sur les jarrets.
    Plier les reins, se dit du cheval qui aplatit sa croupe en galopant.

 4   Fig. Assujettir, faire céder, accoutumer.
BOSSUET: « Tant Bucer avait réussi par ses discours ambigus à les esprits, de sorte qu'ils pussent se tourner de tous côtés »
BOURDAL.: « Ces âmes inflexibles qu'on ne peut , et qui n'ont de l'état religieux que la clôture et que l'habit »
FLÉCH.: « Elle le plia avec douceur sous le joug de l'autorité maternelle »
FÉN.: « Etes-vous en état de discerner, entre vos conseillers, ceux qui suivent religieusement les règles, d'avec ceux qui voudraient les selon leurs vues ? »
VOLT.: « Tu dois à ton état ton caractère »
DIDER.: « Elles plient à leur gré la volonté de leur amant »
DUCLOS: « Un règne absolu de soixante-douze ans [de Louis XIV] avait plié deux ou trois générations à l'obéissance et à la crainte »
A. CHÉN.: « Qu'il plie, en approchant de ces superbes fronts, Sa tête à la prière et son âme aux affronts »
    Accommoder.
BOSSUET: « Il [l'homme] plia jusqu'aux métaux à son usage »
BUFF.: « C'est la langue qui plie en tons articulés les sons vagues qui ne seraient que des chants ou des cris »
    Porter, engager.
LA BRUY.: « Il n'y a ni poste, ni crédit, ni richesses, ni titres, ni autorité, ni faveur qui aient pu vous à faire ce choix [choisir la Bruyère] »

 5   V. n. Devenir courbe. Faire un are. Une lame d'épée qui plie jusqu'à la garde.
LA FONT: « Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ; Je plie et ne romps pas »
LA FONT: « L'arbre tient bon ; le roseau plie »
PERRAULT: « Et sous les pas nombreux de leur danse légère Faire à peine la mousse et la fougère »
BUFF.: « À cinq heures 39 minutes, la pièce [de bois] n'avait encore plié que de deux pouces, quoique chargée de seize milliers »
    Fig. C'est un roseau qui plie à tout vent, se dit d'une personne qui n'a point de fermeté, qui cède à toute personne ou à toute chose.
    Terme de marine. Incliner sur un côté, en parlant d'un navire que le poids du vent dans ses voiles fait pencher plus que de raison.

 6   S'affaisser, ne pas pouvoir porter. Le plancher pliait sous le faix. Cet arbre plie sous le poids de ses fruits.
    Fig.
LA BRUY.: « Contemplez-le [un heureux] dans le jour même où il a été nommé à un nouveau poste... voyez... comme il plie sous le poids de son bonheur »
LA BRUY.: « Ces gens lisent toutes les histoires, et ignorent l'histoire... ils plient sous le faix, leur mémoire en est accablée »
DIDER.: « On voit tous les jours sous les maux des hommes que le ciel n'épargne pas »
    Fig. Plier sous le poids des années, être accablé par l'âge.

 7   Fig. Céder, se soumettre.
RETZ: « Tout plia devant la cour : Mme de Longueville se sauva par mer en Hollande »
BOSSUET: « Louis, en une infinité de rencontres, est contraint de sous les coups de sa mauvaise fortune »
BOSSUET: « Qui ne veut jamais casse tout à coup »
FLÉCH.: « A-t-il plié [Montausier] sous la grandeur, lorsqu'elle s'est trouvée injuste ? »
RAC.: « C'en est fait, mon orgueil est forcé de »
LA BRUY.: « Dans la société, c'est la raison qui plie la première ; les plus sages sont souvent menés par le plus fou et le plus bizarre »
LA BRUY.: « Vous dites qu'il faut être modeste... faites seulement que les hommes n'empiètent pas sur ceux qui cèdent par modestie, et ne brisent pas ceux qui plient »
VOLT.: « Il fallut que le pape pliât : il fut forcé d'envoyer son neveu, le cardinal Chigi, en qualité de légat à latere, faire satisfaction au roi »
MIRABEAU: « Il est impossible de rompre en visière aux gens qui plient »
RAYNAL: « Il est temps que les lois prohibitives plient sous l'impérieuse loi de la nécessité »

 8   En parlant des troupes, reculer dans un combat.
PELLISSON: « La cavalerie ennemie, fondant sur la nôtre, la fit »
ROLLIN: « Ils avaient en tête Aristide et Thémistocle, qui les soutinrent longtemps avec un courage intrépide, mais qui furent enfin obligés de »
    En termes de marine, on dit qu'un bâtiment de guerre plie lorsqu'il quitte le combat, qu'il fuit le champ de bataille. Le combat commença par les deux vaisseaux de la tête des deux avant-gardes ; Ruyter agit en homme qui voulait faire la nôtre, à quelque prix que ce fût, Mém. de Villette, 1676, dans JAL.

 9   Se , v. réfl. Se courber, être fléchi.
BOSSUET: « Le bois se plie peu à peu »
BUFF.: « Les monnaies, qui ne doivent ni se , ni s'effacer, ni s'étendre, auraient tous ces inconvénients si elles étaient fabriquées d'or pur »
BARTHÉL.: « J'étais comme un arbre qu'on transporterait d'une forêt dans un jardin, et dont les branches ne pourraient qu'à la longue se au gré du jardinier »
    Fig.
PASC.: « La croyance des hommes s'est pliée par là »
LA BRUY.: « Un homme d'esprit qui saurait se tourner et se en mille manières agréables et réjouissantes »
FÉN.: « Les uns à un certain âge ne peuvent plus se eux-mêmes contre certaines habitudes qui ont vieilli avec eux »

 10   Fig. S'accommoder, déférer à.
MASS.: « Il se plie sans cesse au gré des passions d'autrui »
MONTESQ.: « Tout se plie à mes principes »
VOLT.: « Il faut donc [pour le théâtre] se au goût d'une nation d'autant plus difficile qu'elle est depuis longtemps rassasiée de chefs-d'oeuvre »
J. J. ROUSS.: « La grande âme de ce digne homme, toute républicaine et fière, ne pouvait se que sous le joug de l'amitié »
J. J. ROUSS.: « La raison sans guide assuré, se pliant toujours vers l'intérêt personnel dans les choses douteuses »
RAYNAL: « Les Tartares, qui s'étaient pliés aux moeurs et au gouvernement de la Chine »

PROVERBE Il vaut mieux que rompre, c'est-à-dire il vaut mieux obéir, céder, que s'exposer à être maltraité, à tout perdre.

REMARQUE
    Des grammairiens ont essayé de distinguer et ployer. Le fait est que ces deux mots sont identiques, n'étant que deux variétés de prononciation, l'i, dans la langue du moyen âge, se changeant souvent en oi, suivant les dialectes : lier, loier, prier, proier, etc. L'usage aurait pu y introduire des différences ; mais il ne l'a pas fait ; tout se réduit à ce que, en certaines locutions, est plus usité que ployer, et ployer que .

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Ne ule cose non la pouret [pouvait, potuerat] omque pleier
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CLXXXIX: Si l'en dunez cest gant ad or pleiet [ainsi donnez-lui pour cela ce gant à or plié]
    XIIème siècle
DU CANGE: « Justamonz passe avant, son gant au poing li plie ; Guiteclins le reçoit et la bataille otrie [octroie] »
    XIVème siècle
J. DE CONDÉ: « Mauvaisement son sens emploie Li conseillieres [des princes], quand il ploie Aussi com li rosiaus au vent »
J. BRUYANT: « Il ne me chault qu'il en aviengne ; Qui ne pourra ploier, si brise »
    XVIème siècle
RAB.: « Une fine toille de cypre, toute battue d'or, curieusement pliée comme si feust ung rochet de cardinal »
CALV.: « Il plie et forme tous nos sens pour les assujettir à son empire »
CALV.: « Si tous plioient le genouil devant Jesus Christ »
MONT.: « Si vous ne la formez de bonne heure, la langue ne se peult »
MONT.: « Plier le corps à toutes façons et coustumes »
MONT.: « Plions bagages »
MONT.: « Ils se ont mieulx à ce conseil »
MONT.: « Clore et une lettre »
MONT.: « Elles eslevoient leurs enfants sans les attacher ne »
MONT.: « Plier soubs le faix »
AMYOT: « Il [Romulus] avoit baillé le signe pour commencer le ravissement, quand il oit un pan de sa robbe, et puis le desplieroit »
AMYOT: « Leurs espées [des Gaulois] estoient forgées de fer fort mol, de sorte qu'elles se courboient et plioient incontinent »
AMYOT: « Il plia soubs le joug, et se remeit de toutes choses à la mercy des Romains »
D'AUB.: « Les soldats, avec leurs harquebuses les meches estaintes, et les drappeaux pliez dans les coffres »
OUDIN: « Plier le coude [aimer à boire] »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, ploy ; picard, plicher, , céder ; Berry, pléger, pleyer ; provenç. plegar, pleiar ; espagn. plegar ; portug. pregar ; ital. piegare ; du lat. plicare ; sanscr. pric (i bref), mêler, joindre, courber (voy. PLOYER).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Mettre en un ou plusieurs doubles, et avec un certain ordre. En ce sens, il ne se dit proprement qu'en parlant Du linge, des étoffes et du papier. "Plier du linge. Plier des habits, des hardes, des draps de lit, des serviettes. Pliez votre serviette. Plier une lettre. Plier des feuilles imprimées. Plier en quatre, en huit, en seize, etc."
Fig. et fam., "Plier la toilette," Voler, emporter toutes les hardes d'une personne. Il se dit principalement D'un valet qui emporte les hardes de son maître.
"Plier bagage," se dit D'une armée qui décampe, qui se retire devant une autre. "L'armée a plié bagage. Les ennemis sachant qu'on marchait à eux, songèrent à bagage."
Fig. et fam., "Plier bagage," S'en aller furtivement. Cette locution signifie aussi quelquefois, Mourir. Dans ce dernier sens, on dit aussi, populairement, "Plier son paquet."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Courber, fléchir. "Plier de l'osier. Plier des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire un berceau. Plier les genoux. Plier le bras. À cela il n'y a qu'à les épaules, et à prendre patience." On l'emploie dans ce sens avec le pronom personnel. "L'endroit où le bras, où la jambe se plie. Il se courbe si fort, qu'il semble qu'il s'aille en deux."
Fig., "Plier les genoux devant le veau d'or," Faire servilement la cour à un homme riche, à une personne puissante; faire des bassesses pour acquérir des honneurs, de la fortune.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie figurément, et signifie, Assujettir, soumettre, faire céder, accoutumer. "Il faudra ce jeune homme à la règle. Plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs d'autrui. Il y a des esprits qu'on plie aisément. Plier son caractère aux circonstances. Plier la loi aux divers cas qui se présentent. Il s'est fait une philosophie qu'il plie à tous ses goûts, à tous ses caprices."
Il s'emploie dans le même sens avec le pronom personnel. "Se à la volonté, à l'humeur, aux caprices de quelqu'un. Se aux circonstances. Se aux usages des autres. Je ne saurais me à cela."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi neutre, et signifie, Devenir courbé. "Un roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie. La planche pliait sous lui. Le plancher pliait sous le faix. Cet arbre plie sous le poids de ses fruits. Faire un arc. Une lame d'épée qui plie jusqu'à la garde."
Fig., "Plier sous le poids des affaires, sous le poids des années," Être surchargé d'affaires, être accablé par l'âge.
Prov. et fig., "C'est un roseau qui plie à tout vent," se dit D'une personne qui n'a point de fermeté, qui cède à toutes les impulsions qu'on veut lui donner.
Prov. et fig., "Il vaut mieux que rompre," Il vaut mieux céder que de se perdre en résistant; il est souvent plus avantageux de céder, que de résister trop opiniâtrément.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi neutralement au figuré, et signifie, Céder, se soumettre. "Plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un. Plier sous les lois de la nécessité. Il fait tout sous sa volonté. Il ne a pas. Vous ne le ferez pas . Plier sous le joug."
Il signifie encore figurément, Reculer; et, en ce sens, il se dit proprement Des troupes qui reculent dans un combat. "Les ennemis plièrent à la première charge. L'infanterie plia. L'aile droite fut la première à . D'abord les troupes plièrent, mais ensuite elles retournèrent à la charge."
En termes de Manége, "Plier un cheval," Lui amener la tête en dedans ou en dehors, afin de lui rendre l'encolure souple, et de lui donner de la facilité dans les épaules.




Emplacement dans le dictionnaire :

pleyon
pli
pliable
pliage
pliant
plicatile
plié
plie
pliement

plieur
plinthe
pliocène
plioir
plionnage
plique
pliqué
pliquer
plissage
plissé
plissement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...où on devenait libre et où il y avait des femmes ; on y descendait comme en pays conquis, entre les longs voyages ; alors on avait de l'argent, et, dans les quartiers de plaisir, on faisait tout plier devant ses caprices et sa force. Mais vivre d'une vie régulière avec un petit ménage, compter ses dépenses chaque jour, se conduire soi-même et songer au lendemain, ses allures de matelot ne...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...avec son organisation municipale, suffit à tous les besoins. Mais il n'en fut plus de même une fois que la grande industrie fut née ; comme elle n'a rien de spécialement urbain, elle ne pouvait se plier à un système qui n'avait pas été fait pour elle. D'abord, elle n'a pas nécessairement son siège dans une ville ; elle peut même s'établir en dehors de toute agglomération rurale ou urbaine,...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...n'est plus variable que les goûts et les besoins auxquels répondent ces fonctions, il faut que le commerce et l'industrie se tiennent dans un perpétuel état d'équilibre instable, afin de pouvoir se plier à tous les changements qui se produisent dans la demande. Tandis qu'autrefois l'immobilité était l'état presque naturel du capital, que la loi même empêchait qu'il se mobilisât trop aisément,...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...instables : il s'y produit sans cesse quelque rupture d'équilibre, quelque nouveauté. Pour y rester adaptée, il faut donc que la fonction, elle aussi, soit toujours prête à changer, à se plier aux situations nouvelles. Or, de tous les milieux qui existent, il n'en est pas de plus complexe que le milieu social ; il est donc tout naturel que la spécialisation des fonctions sociales ne soit...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...non pas la condition secondaire, mais le facteur déterminant du progrès. Elle est une réalité qui n'est pas plus notre oeuvre que le monde extérieur et à laquelle, par conséquent, nous devons nous plier pour pouvoir vivre ; et c'est parce qu'elle change que nous devons changer. Pour que le progrès s'arrêtât, il faudrait donc qu'à un moment le milieu social parvînt à un état stationnaire, et nous...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...